Contemporary history of Luxembourg Contemporary history of Europe

Journées d'étude: "Déposséder – dépossédé"

5 July 2021 to 6 July 2021

Déposséder – dépossédé

Chaise appartenu à la famille Siegfried (1868-1941) et Anna (1874-1942) Davidson, arrivée au Luxembourg en août 1939. Centre national de littérature, collection d’objets. Idée de l’image: Daniela Lieb / Photographie: © Marc Siweck

Journées d’étude internationales consacrées aux mécanismes de dépossession et à leur représentation en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale. Événement organisé conjointement par le C²DH et le Centre national de littérature.

Vécue personnellement ou relatée par la fiction, due à l’application de la loi ou à l’opportunisme de certains, la dépossession de certaines catégories de la population au profit d’autres se manifeste de très nombreuses manières en Europe entre 1933 et 1945.  La population juive fut particulièrement visée par les mesures d’exclusion qui fit perdre aux individus leurs biens, leur identité et jusqu’à leur existence en les évinçant de la vie économique, de l’espace public et du corps social suivant un mécanisme qui ne faisant souvent que préparer leur déportation et leur mise à mort.

Ces processus, dont l’étape centrale est souvent la modification du cadre légal et sa mise en application par les diverses composantes de la société, ont des retentissements jusque dans l’intime, créant un sentiment d’exclusion dont on trouve notamment l’écho dans les arts. La perte de ce qui constitue son identité, son foyer, son quotidien, s’exprime ainsi dans la peinture comme dans les tableaux de Felix Nussbaum ou Jean Fautrier, ainsi que dans la littérature, avec par exemple Max Jacob, Paul Palgen, Marcel Thiry.

Le but de ces journées d’étude sera d’explorer les différentes facettes de cette dépossession, en particulier mais non exclusivement au Luxembourg, en France et en Belgique, en abordant tout d’abord les mécanismes structuraux et leurs manifestations matérielles, puis leurs conséquences individuelles et la façon dont elles s’expriment notamment dans les arts.

 

Plus rien ne nous appartient : ils nous ont pris nos vêtements, nos chaussures, et même nos cheveux (…). Ils nous enlèveront jusqu'à notre nom : et si nous voulons le conserver, nous devrons trouver en nous la force nécessaire pour que derrière ce nom, quelque chose de nous, de ce que nous étions, subsiste.

Primo Levi, Si c’est un homme, 1947 (édition française, Pocket, 1988, p. 15)

 

5 juillet 2021

à l'Université du Luxembourg - Campus Belval

6 juillet 2021

au Centre national de littérature, Mersch

Les interventions se feront en Français et en Anglais. Il n’est pas prévu de traduction simultanée.

 

 

       

 

 

       Programme détaillé en PDF 

 

 

 

 

Programme

Lundi, 5 juillet 2021, de 9:00 à 17:00 heures

Université du Luxembourg, Campus Belval

9:00    

 
Mot d'accueil par Andreas Fickers, Directeur du Luxembourg Centre for Contemporary and Digital History (C²DH), Université du Luxembourg
 
9:10

 
Ouverture de la journée / aspects techniques par Blandine Landau, C²DH, Université du Luxembourg
 
09:15
 

Session 1: Problématiques générales entourant la question de la dépossession

  Président de séance: Denis Scuto, C²DH, Université du Luxembourg
 
  Le rêve brisé de l’émancipation
Laurent Moyse, journaliste indépendant
 
  Entre œuvres de grande valeur et « objets de pacotille »: La politique de restitution d’œuvres d’art dans l’immédiat après-guerre au Luxembourg
Fabio Spirinelli, C²DH, Université du Luxembourg
 
  Séance de questions
 
10:15
 
Pause
 
10:30

Session 2: Définition juridique de la dépossession

  Présidence de séance: Blandine Landau, C²DH, Université du Luxembourg
 
  La confiscation systémique des biens des juifs par les nazis à partir du 5 septembre 1940, prélude à l’état de ‘judenrein’ du Luxembourg
François Moyse, avocat à la Cour et président de la Fondation luxembourgeoise pour la mémoire de la Shoah
 
  Le concept légal de spoliation dans la législation de l’après-guerre et dans la pratique actuelle en Autriche et en France
Johannes von Lintig et Anne Dewey, Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn
 
  Séance de questions
 
11:50

Session 3: Que possédaient les juifs avant 1940, la question des sources

  Président de séance: Kim Oosterlinck, Institut Solvay, Université Libre de Bruxelles
 
  Analyse des dossiers de la Police des Etrangers du Luxembourg (1933-1940)
Denis Scuto, C²DH, Université du Luxembourg, et Marc Gloden, Fondation Luxembourgeoise pour la Mémoire de la Shoah
 
  7 mois d’Occupation: ce que l’analyse des Verzeichnis über das Vermögen von Jüden nous apprend sur l’évolution de la situation des Juifs au Luxembourg entre mai et décembre 1940
Blandine Landau et Benoît Majerus, C²DH, Université du Luxembourg
 
  Séance de questions
 
12:50
 
Pause déjeuner
 
14:00

Session 4: Modalités de la dépossession dans les espaces privés

  Président de séance: Tal Bruttmann, Unité Mixte de Recherche Héritages - UMR 9022
 
  L’ordre économique nouveaux : la mise sous tutelle des « biens des juifs et des émigrés » par les autorités luxembourgeoises (juin-septembre 1940)
Vincent Artuso, historien indépendant
 
  Umsiedlung and dispossessions of families of Luxembourgish recruits during the Nazi occupation (1942-1945)
Sarah Maya Vercruysse, C²DH, Université du Luxembourg
 
  Séance de questions
 
15:00
 
Pause
 
15:15
 

Session 5: Dépossession et appréhension de l’espaceModalités de la dépossession dans les espaces privés

  Président de séance: Vincent Artuso, historien indépendant
 
  Des Juifs dans la ville
Tal Bruttmann, Unité Mixte de Recherche Héritages - UMR 9022
 
  Mobiliser les archives de la dépossession pour étudier les parcours des familles juives parisiennes: le cas des quartiers Arts-et-Métiers et Enfants-Rouges
Maël Le Noc, Texas State University
 
  Séance de questions
 
16:15
 
Pause
 
16:25
 
Recension de la journée par Blandine Landau, C²DH, Université du Luxembourg
 
16:30
 
Discussison générale sous la présidence de Kim Oosterlinck, Institut Solvay, Université Libre de Bruxelles

Mardi, 6 juillet 2021, de 9:15 à 16:50 heures

Centre National de Littérature, 2 Rue Emmanuel Servais, L-7565 Mersch

9:15    

 
Ouverture de la journée d’études par Nathalie Jacoby (Directrice du Centre national de littérature) et Atinati Mamatsashvili (Université d’État Ilia) 
 
9:30

Session 1: Espaces de destruction

  Président de séance: Maxime Decout, Aix-Marseille Université
 
  Le journal et l’effet-ghetto
Alexis Nuselovici, Aix-Marseille Université / Chaire “Exil et migrations”, FMSH, Paris
 
  La politique des “Judenhäuser” au Luxembourg pendant l’occupation national-socialiste
Renée Wagener, Université du Luxembourg
 
10:10
 
Discussion
 
10:25

Session 2: Artistes et écrivains face au nazisme

  Président de séance: Arvi Sepp, Vrije Universiteit Brussel
 
  L’expansion culturelle nationale-socialiste au Grand-Duché de Luxembourg: Artistes face à l‘occupation
Catherine Lorent, Chercheur indépendant, Berlin 
 
  Des enfances cachées
Béatrice Gonzales-Vangell, Laboratoire de la Chaire “Exil et migration”, Collège Mondial, FMSH
 
11:05
 
Discussion
 
11:20
 
Pause
 
11:45

Session 3: Déposséder du corps, déposséder de l’histoire

  Présidents de séance: Alexis Nuselovici, Aix-Marseille Université / Chaire “Exil et migrations”, FMSH, Paris et Elisabeth Hoffmann, Musée national de la Résistance à Esch-sur-Alzette
 
  Être dépossédé de son histoire
Maxime Decout, Aix-Marseille Université
 
  La dépossession par la terreur et la persécution dans les récits diaristiques juifs-allemands entre 1939-1945
Arvi Sepp, Vrije Universiteit Brussel et Annelies Augustyns, Université d’Anvers / Vrije Universiteit Brussel
 
  Autour de la dépossession du corps de la femme juive durant la Shoah
José Luis Arraez, Université d’Alicante
 
12:45
 
Discussion
 
13:00
 
Pause déjeuner
 
14:00

Session 4: Reconstituer l’Histoire. Objets de mémoire

  Présidente de séance: Renée Wagener, Université du Luxembourg
 
  Exclues, dépossédées, persécutées : des familles juives d’Esch-sur-Alzette (années 1930-1945)
Elisabeth Hoffmann, Musée national de la Résistance à Esch-sur-Alzette
 
  Do material elements shape memories?
Jakub Bronec, C²DH, Université du Luxembourg
 
14:40
 
Discussion
 
14:55
 
Pause
 
15:15

Session 5 – Topographie d’exclusion

  Présidente de séance: Jeanne E. Glesener, Université du Luxembourg  / Institut des langues et littératures luxembourgeoises
 
  Die „georgischen Juden“ in der Epoche der totalen Herrschaft und des bolschewistischen Terrors
Nino Pirtskhalava, Université d’État Ilia
 
  Der ›Spueniekämpfer‹ in Adolf Weis’ Theaterstück Dohém. Eine literarische Figur im politisch-ideologischen Kontext des Jahres 1939
Daniela Lieb, Centre national de littérature
 
  Espaces de destruction dans les œuvres littéraires luxembourgeoises et françaises
Atinati Mamatsashvili, Université d’État Ilia
 
16:15
 
Discussion
 
16:35 Conclusions

Comité scientifique

  • Vincent Artuso (historien indépendant)
  • Tal Bruttmann (historien indépendant)
  • Claude D. Conter (Directeur, Bibliothèque nationale du Luxembourg)
  • Maxime Decout (Professeur, Aix-Marseille Université)
  • Jeanne E. Glesener (Associate Professor, Université du Luxembourg ; Responsable de l’Institut des langues et littératures luxembourgeoises)
  • Blandine Landau (Conservatrice du Patrimoine ; Doctoral Researcher au Center for Contemporary and Digital History – Université du Luxembourg)
  • Atinati Mamatsashvili (Professeure, Université d’État Ilia ; chercheuse invitée au Centre national de littérature dans le cadre du projet LISPEX/14508523 soutenu par Fonds National de la Recherche du Luxembourg)
  • Alexis Nuselovici (Professeur, Aix-Marseille Université / Chaire "Exil et migrations", FMSH, Paris)
  • Kim Oosterlinck (Professeur, Institut Solvay, président du Centre Emile Bernheim, Vice-Recteur à la prospective et au financement de l'Université Libre de Bruxelles).
  • Denis Scuto (professeur associé, directeur de l’Unité de Recherche en Histoire Contemporaine du Luxembourg, vice-directeur du Center for Contemporary and Digital History – Université du Luxembourg).
  • Arvi Sepp (Professeur, Vrije Universiteit Brussel)
  • Renée Wagener (Historienne, Institute for History - Université du Luxembourg)