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Le C²DH a présenté ses activités aux "Rendez-vous de l'histoire"

Les RDV de l'histoire
Sur son stand aux "Rendez-vous de l'histoire" début octobre à Blois, le C²DH a présenté ses principales activités de recherche en mettant l’accent notamment sur les trois axes thématiques suivants : l’histoire contemporaine du Luxembourg, l’historiographie numérique et l’histoire européenne.

Le C2DH était aux « Rendez-vous de l’histoire » qui se sont déroulés à Blois du 4 au 8 octobre 2017 avec pour thème « EURÊKA – inventer, découvrir, innover ». Cet événement a constitué un point de rencontre incontournable pour les historiens et tous les passionnés d'histoire qui sont venus en grand nombre participer aux conférences, découvrir les nouveautés au salon du livre d'histoire ou encore participer au cycle cinéma.

Dans le cadre du « Lab de l’enseignant et du chercheur », un espace consacré aux questions d’enseignement dans le monde éducatif et aux problématiques innovantes relatives à la recherche en sciences humaines, Florentina Armaselu, François Klein et Elena Danescu ont proposé une conférence sur le thème « Mesurer l’effet Eurêka en histoire numérique à travers l’analyse du discours ». Le projet faisant l’objet de cette conférence vise à évaluer, à l’aide de questionnaires, l’utilisation des outils numériques et leur potentiel à entraîner (ou pas) des pistes novatrices de recherche en histoire. La présentation, réalisée par Florentina et François, a porté sur les aspects méthodologiques et les résultats préliminaires issus d’un scénario expérimental mis en œuvre par l’intermédiaire d’un petit groupe cible de chercheurs du C2DH. Les participants du groupe de test ont effectué des analyses textométriques sur une sélection d’entretiens de la collection d’histoire orale en intégration européenne du Centre et, via deux questionnaires, se sont exprimés sur ce qu'on appelle « l'effet Eurêka », observé lors de l’exploration du sous-corpus d’interviews et de l’analyse de leurs transcriptions. Cette phase pilote servira comme point de départ et base de comparaison pour une nouvelle expérimentation, comportant un corpus plus large et des questions de recherche plus poussées à l’intention des étudiants de master en intégration européenne, prévue pour le deuxième semestre de l’année académique 2017-2018.

Lors d’un atelier avec les enseignants, Victoria Mouton et Marco Gabellini, ont mis l’accent sur les « Ressources numériques pour enseigner la décolonisation en lien avec le processus d’intégration européenne ». Cette ePublication revient sur les grands moments de la désintégration des empires coloniaux européens depuis 1945, avec un accent particulier sur les décolonisations française et britannique, et s’interroge sur l’influence de ce processus de décolonisation sur le processus de construction européenne. Dans un contexte de guerre froide et de condamnation internationale du colonialisme de plus en plus fort, les populations indigènes vont progressivement se défaire des liens qui les unissent à une Europe exsangue et ruinée par la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, la naissance de l’Europe communautaire amène les métropoles européennes à concilier politique d’outre-mer et politique européenne. L’entrée sur la scène internationale des pays du tiers-monde entraîne un changement dans les relations entre l’Europe et les (anciennes) colonies et soulève la question d’une politique communautaire d’aide au développement.

Le point fort du dossier réside dans la collection et l’analyse de plus de 700 ressources documentaires riches et diversifiées : documents d'archives, articles de presse d’époque, correspondances, extraits de mémoires, photos, caricatures. À côté de ces sources primaires viennent s’ajouter des ressources pédagogiques : textes de synthèse, cartes, chronologies interactives ainsi qu’une bibliographie indicative.

L’atelier s’est surtout efforcé de montrer comment ces ressources en ligne peuvent être utilisées en classe avec des étudiants. À travers une analyse et un décryptage multi source, il est possible de confronter les multiples narrations (celle des pays colonisateurs, des mouvements indépendantistes et de l’Europe communautaire en devenir) afin de mettre en lumière les points d’intersection entre décolonisation et intégration européenne, et cela dans une époque dominée par la guerre froide. En effet, le point de vue sur la décolonisation n’est pas le même selon que l’on se positionne à l’Ouest ou à l’Est. Pour l’URSS, la lutte anticoloniale est assimilée à une lutte contre le camp impérialiste, tandis que les métropoles européennes craignent que les anciennes colonies ne tombent dans la sphère d’influence de Moscou.

La question centrale était de montrer, à travers une analyse des documents d’époque, comment la délicate question de l’association des (anciennes) colonies à l’Europe communautaire a été solutionnée, en évitant pour cette dernière d’être accusée de se compromettre dans une nouvelle forme de néocolonialisme.

Par ailleurs, Andreas Fickers, directeur du C²DH a participé à une table ronde : « Inventer l’Europe : Technologies et constructions européennes depuis le XIXe siècle ». Léonard LABORIE, chargé de recherche au CNRS, Alexander BADENOCH, professeur assistant à l’université d’Utrecht (Pays-Bas) et Andreas Fickers ont mis en lumière comment l’observation des techniques et de leur circulation depuis le XIXe siècle renouvelle aujourd’hui le récit que l’on peut faire de l’histoire de l’Europe. La publication d’une série de six livres (Making Europe, Palgrave, 2014-2017) et la création d’un site web à vocation pédagogique (Inventing Europe), entreprises mises en oeuvre depuis le début des années 2000 par le réseau Tensions of Europe, ont également été présentées lors de cette table ronde.