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La précarité à l’ordre du jour

La précarité à l’ordre du jour
Organisée par le C²DH en collaboration avec la Radio 100,7, l’OGBL et l’« Uelzechtkanal » cette nouvelle édition du Forum Z qui a eu lieu le 2 octobre 2018 à la « Maison du Peuple » à Esch-sur-Alzette, s’est penchée sur la question des inégalités sociales au Luxembourg.

On les croyait vaincues et pourtant la précarité, la pauvreté et l’exclusion sont devenues une nouvelle réalité sociale qui alimente le débat politique en Europe depuis quelques années et qui préoccupe également la recherche dans le domaine des sciences humaines et sociales. Dans quelle mesure le Luxembourg, qui compte parmi les pays les plus « riches » au monde, est-il touché par ces phénomènes ? Question de fond que formulait le Forum Z consacré au « Inégalités sociales au Luxembourg ».

Une question qui était aussi posée par l’orateur, Hartmut Kaelble, professeur émérite de la Humboldt-Universität de Berlin, en guise de conclusion de sa conférence sur « L’inégalité sociale en Europe », et qui s’adressait aux participants de la table ronde animée par David Angel, collaborateur woxx et responsable syndical à l’OGBL. Pour André Roeltgen, président de ce syndicat, il s’agit bien de voir que le Luxembourg n’est pas épargné par ces changements sociaux, comme le montrent entre autres les indices Atkinson et Piketty qui mesurent les inégalités de revenu et de fortune.

Nicolas Schmit, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, insista lui sur le fait que la précarité et la menace de pauvreté au Luxembourg pèsent surtout sur les enfants. Si le salaire minimum y est plus élevé qu’ailleurs en Europe, il faudra veiller à son adaptation mais surtout abroger les discriminations fiscales dont souffrent les familles monoparentales. Anik Raskin, Chargée de direction du Conseil National des Femmes, précisa que ce sont surtout les femmes qui en sont victimes, d’autant plus qu’éduquant seules un ou plusieurs enfants, elles sont souvent réduites au travail à temps partiel et souvent mal rémunéré.

L’historienne Sophie Schram présenta ensuite quelques résultats de sa thèse de doctorat sur le rôle des femmes dans la migration italienne historique au Luxembourg, le quartier de la « Petite Italie » à Dudelange étant pris comme exemple dans un travail de recherche basé sur des entrevues d’« histoire orale ». Que les enfants de migrants sont aujourd’hui encore défavorisés par le système scolaire luxembourgeois misant sur le multilinguisme et qu’ils ont ainsi un plus grand risque d’échec, était la thèse de l’intervenant suivant, le Prof. Antoine Fischbach du centre LUCET de l’Université du Luxembourg. Charel Schmit, président de la Caritas Accueil et Solidarité, parla des exclus de la société, les migrants de pays tiers qui sont réduits à l’aide humanitaire, mais aussi les personnes qui ont un parcours de foyer ou de prison et sont particulièrement touchées par la crise du logement au Luxembourg, vues comme un problème majeur par tous les participants à cette table ronde.

Entre les différentes interventions, le public, venu nombreux, put participer à des « votes » sur différentes thèses de discussion développées par des étudiants du cursus de « Bachelor en sciences de l’éducation » à l’Université du Luxembourg. La télévision du « Uelzechtkanal », un projet qui regroupe des élèves du Lycée des Garçons d’Esch-sur-Alzette, participa également à la soirée, avec un petit film qui rassemblait des interviews de leurs camarades d’école sur les inégalités sociales.

 

La conférence sera transmise sur Radio 100,7 le 1er novembre 2018 à 9:04 heures