L'administration des postes et des télégraphes : une institution entre responsabilité internationale et intérêts nationaux

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le Grand-Duché de Luxembourg devient membre de deux organismes multilatéraux des (télé)communications, à savoir l’Union télégraphique internationale (UIT) et l’Union postale générale (UPU). Y siègent, non pas des diplomates, peu actifs dans un pays soumis, depuis le traité de Londres de 1867, à un statut de neutralité perpétuelle et désarmée, mais des représentants de l’administration des postes et des télégraphes.
S’inscrivant dans une tendance historiographique récente et axée sur les concepts de la techno- diplomatie et de l’expert, l’exposé propose un cadre théorique combinant des notions de la théorie des petites puissances, issue des sciences politiques, et des concepts de sociologie. Sur cette base et pour la période comprise entre la naissance de l’UIT en 1865 et le début de la Première Guerre mondiale en 1914, la présentation vise à fournir des éléments de réponse à une question de recherche double. D’une part, il s’agit d’étudier le rôle et la stratégie du Grand-Duché et notamment des experts de l’administration des postes et des télégraphes au sein des organismes multilatéraux. Dans ce cadre, il convient également d’analyser si la définition de l’expert, telle que proposée dans la littérature scientifique, peut être appliquée aux représentants luxembourgeois ou si le Grand-Duché représente un cas particulier. D’autre part, l’exposé entend mettre en évidence les dynamiques de coopération, mais aussi les tensions qui surgissent dans ce contexte entre les trois institutions grand-ducales impliquées dans la représentation du pays, à savoir l’administration des postes, son ministère de tutelle qui est la Direction générale des Finances, ainsi que le Ministère des Affaires étrangères.
Enfin, les corollaires de la représentation du Grand-Duché à l’UIT et à l’UPU seront étudiés. Il s’agira en particulier de déterminer si et comment le Luxembourg adapte son attitude dans d’autres formes de relations internationales en rapport avec les (télé)communications suite à l’émergence des unions et des standards qu’elles imposent.

http://hdl.handle.net/10993/41011